Broderie Miao, une histoire de femmes

Posté par: Véronique De Buyser Dans: Root Sur: mardi, octobre 22, 2019 Commentaire: 0 Frapper: 644

la broderie Miao, ou Hmong, une histoire de femmes

L'histoire des Miao est celle d'un longue migration vers l'Ouest au fil des siècles et des guerres avec les Han, les communautés se sont établies sur un territoire très étendu et sont restées isolées à cause du relief très accidenté de cette partie de la Chine. Ceci explique la grande variété de broderies que l'on peut trouver, chaque village ayant développé sont style.

La broderie tient un place toute particulière dans la culture Miao, il ne s'agit pas seulement d'un art décoratif mais bien de la transmission de l'histoire et des légendes de ce peuple sans écriture, même si souvent l'histoire des motifs s'est perdue dans le temps.

Historiquement, l'apprentissage de la broderie commencait vers 7-8 ans, et chaque jeune fille devenait autonome vers 14-15 ans. Elle se devait, alors, de broder elle-même son costume de mariée et le porte-bébé, pièces emblématiques du trousseau. Généralement, elles brodent des pièces plus ou moins grandes qui sont appliquées sur un tissu plus commun, rares sont les vêtements entièrement brodés, à part peut-être la fameuse jupe à mille plis, que l'on trouve surtout dans le Yunnan ou les comunautés Hmong des pays avoisinnants. Selon les villages, il s'agit plutôt des bandes appliquées sur les manches ou le bas des pantalons, de caracos sans manches à porter sous la veste où seule un pièce recatngulaire visible est brodée, de pièces à appliquer autour de l'encolure, de jambières ou tabliers décoratifs. Dans certains villages, les points de broderie sont particulièrement compliqués et solides et les pièces servaient alors de renfort sur les épaules (pour porter la palanche) ou les coudes.

La modernité fait que les jeunes filles savent de moins en moins broder , hélas, et que ce sont leurs mères, tantes et grand-mères qui brodent les costumes traditionnels qui sont portés lors des nombreuses fêtes Miao. Néanmoins, il reste encore une véritable activité commerciale et une interaction sociale autour de la broderie. Il y a les vendeuses de fils et de tissu et c'est instructif de voir que, dans chaque région, la dominante couleur des tissus est différente en fonction du costume traditionnel et puis celles qui vendent les papiers découpés qui servent de base aux différents modèles.

Et puis, les brodeuses qui vendent leurs réalisations aux femmes qui n'ont pas le temps ou l'habilité nécessaire à la réalisation de leurs si beaux costumes, certaines pièces étant particulièrement difficiles.

Il arrive également souvent de voir des femmes se réunir autour de leurs dernières réalisations commentant avec passion le choix des motifs, des couleurs ou l'originalité de tel morceau, échangeant conseils et idées.

Espérons que cet art se perpétue car il est essentiel à la reconnaissance de leur identité et de leur culture.

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