Les Miao

Les miao, dont la population se monte à environ 9 millions d’âmes, forment la 4ème ethnie minoritaire chinoise. ils se répartissent sur plusieurs provinces du sud-ouest de la chine dont principalement dans le guizhou (50%), le yunnan et le guangxi. c’est un peuple de montagnes qu’ils ont sculptées en terrasses pour y planter riz glutineux, céréales, maïs et légumes. le caractère qui les représente, 苗, combine les racines de l’herbe艹 et du champ de riz 田 et les désigne depuis l’antiquité comme un peuple de cultivateurs. leur animal fétiche est d’ailleurs le buffle d’eau, auquel ils vouent un véritable culte et dont il n’est pas rare de trouver une effigie à l’entrée du village. selon la légende, l’ancêtre des miao lui-même serait un buffle….

les annales chinoises attestent la présence de leurs ancêtres dans le bassin moyen du fleuve jaune (huang he) 4000 à 5000 ans avant jc. repoussés par les guerres contre les han, ils ont peu à peu immigré vers le sud et le guizhou, tardivement colonisé par les chinois, fut longtemps le sanctuaire de leur culture. lors de cet exode qui s’étale sur des siècles, les miao se sont divisés en de petites communautés relativement isolées, ce qui explique la grande diversité de langues et de coutumes qui caractérisent ce peuple. de grandes révoltes contre le pouvoir central émaillent leur histoire et certaines d’entre elles, dont la révolte des taiping au 19ème siècle, ont poussé les miao vers le laos, le vietnam et même jusqu’en thaïlande où ils sont connus sous le nom de hmong.
du fait de leur habitat de montagne où les forêts sont abondantes, les miao construisent leurs maisons en bois. traditionnellement, le rez-de-chaussée est dévolu au rangement des outils agricoles et à l’élevage familial de cochons, de poulets et parfois de vaches, le premier étage sert d’habitation à la famille et les récoltes de riz, conservé en gerbes pour le défendre des attaques des insectes, sont entreposées sous le toit construit en planchettes de sapin ou en ardoise.

les miao ont de tout temps résisté à l’assimilation par la culture chinoise, favorisés en cela par leur éloignement et même mao zedong a dû renoncer à leur faire quitter leur tenue traditionnelle au profit du fameux costume mao. pour ce peuple sans écriture, les broderies qui ornent principalement les costumes des femmes sont le témoignage de leur histoire et de leur culture. cet art du tissu, broderies et batiks, est reconnu depuis des millénaires puisque dès avant notre ère, des textes font déjà état de tissus dans les échanges commerciaux entre miao et han. les femmes fabriquent elles-mêmes leurs habits à partir de coton qu’elles teignent à l’indigo pour leur donner une couleur foncée, bleue, noire ou même marron en rajoutant du sang de bœuf à l’indigo. le tissu est ensuite martelé au maillet, ce qui lui confère un aspect satiné et le rend plus résistant. broderies et rubans rehaussent les costumes qui sont différents d’un village à l’autre. la variété extraordinaire de motifs et des points employés donne la mesure de la richesse de leur art.

les miao sont naturellement des gens optimistes et gais, ils aiment rire, chanter, boire et faire la fête. le guizhou est d’ailleurs surnommé le « pays des cent fêtes » tant les fêtes miao sont nombreuses, nouvel an, fête des sœurs, fête des moissons, celle des bateaux dragons, festival de lusheng, concours de chant… a ces occasions, les femmes sortent leurs tenues de fête et se parent de kilos de bijoux d’argent, diadèmes, torques, colliers, boucles d’oreilles, bracelets… transmis de mère en fille.

malgré la richesse de leur culture, la plupart des villages miao sont encore dans une économie de subsistance et nombreux sont ceux qui sont encore à la limite de l’autosuffisance alimentaire. ce faible niveau de vie entraîne de nombreux jeunes miao vers les villes pour y trouver du travail, avec pour conséquence une disparition progressive des connaissances ancestrales, notamment des chants traditionnels et des techniques pourtant reconnues de l’orfèvrerie et de la broderie. ce qui sauvera peut-être la culture miao de l’oubli, ce sont paradoxalement les touristes, de plus en plus nombreux, qui portent une attention croissante à cultures authentiques et qui sont avides de découvrir les fêtes traditionnelles hautes en couleurs.